in Réflexion

Il existe bien un Maître de l’Internet, et c’est …

Le_patron_d_Axel_Springer____Nous_avons_peur_de_Google__-_JDN_Web___TechA la lecture de la tribune du PDG du groupe Springer, il devient de plus en plus évident que le Maître du Monde s’appelle Google !

Après une reconnaissance légitime du travail accompli par les fondateurs de Google, accompagnée d’un brin d’admiration, Mathias Döpfner reconnait sans langue de bois : “Nous ne connaissons pas d’alternative” à combattre l’hégémonie de Google tout en exploitant ses outils pour développer sa société. Ce n’est pas de la schizophrénie, c’est du “bon sens” parce que justement, il n’existe aucune alternative.

Et nous ne pouvons pas renoncer à cette source de revenus, parce que nous avons besoin de cet argent de manière urgente pour de futurs investissements technologiques

Lorsque Google modifie un algorithme, le trafic dans l’une de nos filiales s’effondre à 70 % en quelques jours. Cela est un fait avéré. Et cette filiale étant une concurrente de Google, il s’agit là certainement d’un hasard.

Pour nous, en tant qu’éditeur, internet n’est pas une menace, mais une grande chance de ces dernières décennies. 62% de nos bénéfices proviennent aujourd’hui du secteur numérique. Il ne s’agit donc pas d’internet, mais seulement du rôle qu’y joue Google.

D’un autre côté, ceux qui souhaitent légiférer et encadrer les pratiques de Google ne semble pas comprendre que leurs décisions sont complètement inadaptées, voire même suicidaire.

La Commission propose, avec le plus grand sérieux, que le moteur de recherche Google, qui domine les infrastructures, puisse continuer à discriminer la concurrence dans le placement, déterminant, des résultats de recherche en ligne. En compensation toutefois – et nous y venons – une nouvelle fenêtre publicitaire sera ouverte en début de liste de recherche, dans laquelle les entreprises discriminées pourraient s’acheter une place sur la liste. Cela n’est pas un compromis. C’est l’introduction, sanctionnée par les autorités de la Commission européenne, de ce modèle d’entreprise que l’on appelle du racket dans des milieux moins respectables, et qui est basé sur le principe qu'”il faut payer si tu ne veux pas qu’on te liquide”.

La lettre ouverte de Mathias Döpfner, PDG du groupe Springer, est assez longue à lire. Cependant, il est indispensable de la lire. Pour ceux d’entre nous qui évoluent dans ce monde digital, la situation est plus ou moins connue. Quand c’est un patron d’un groupe de presse leader qui le dit sans langue de bois, en toute transparence, c’est encore plus impactant. Une prise de conscience indispensable.

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